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Le créateur d’epéranto, Dr Louis-Lazare Zamenhof, natif de Lituanie

Le 15 décembre 1859

Lejzer Ludwig (Louis-Lazare) Zamenhof est né le 15 décembre 1859 à Bialystok, ville située aujourd’hui en Pologne. Partagé par les puissances voisines, ce pays était alors rayé de la carte balte lituanienne et faisait partie de la Russie tsariste.

Le Docteur Louis-Lazare Zamenhof, ou "le Docteur Espéranto"

Bialystok était sur une terre disputée, à un confluent d’ethnies et d’influences, dans la province balte de Lituanie, alors partie intégrante de l’Empire russe.

Dans cette ville peuplée alors d’environ 30 000 habitants, vivaient quatre communautés linguistiques : les Polonais 3 000 ; les Russes 4 000 ; les Allemands 5 000 ; les Juifs 18 000. Plusieurs langues étaient en usage : les classes intellectuelles parlaient surtout le polonais ; dans les quartiers ouvriers l’allemand dominait ; dans le commerce c’était l’hébreu.

Lorsqu’ils se rendaient à la ville faire leurs achats, les paysans parlaient plutôt le russe-blanc. Quant au russe, c’était la langue officielle. Les batailles étaient fréquentes et violentes. Ce spectacle d’affrontement et ce déchaînement de haine bouleversaient le jeune garçon, intelligent et sensible. Il comprenait déjà que l’impossibilité de communiquer entre les groupes jouait un grand rôle dans cette situation. Sans aller jusqu’à penser que c’était la seule raison, il confia un jour à sa mère son désir de donner une langue commune à l’humanité pour rapprocher tous les hommes. Il n’était encore qu’un jeune adolescent. Dès sa plus tendre enfance il se familiarise avec plusieurs langues. En 1874, à 15 ans, il commence un travail qui aboutira 4 ans plus tard à un premier projet qu’il présente à ses camarades lycéens. Ce premier essai ne lui paraissant pas satisfaisant, il se remet au travail, élabore un deuxième projet qui ne lui donne toujours pas entière satisfaction.

A l’âge de 28 ans, après 13 années d’un travail constant, de nombreux essais et plusieurs refontes, il publia le 26 juillet 1887 son premier manuel intitulé : "Lingvo Internacia de Doktoro Esperanto" (Langue Internationale du Docteur Espéranto) ; ce mot "Esperanto", est le pseudonyme de l’auteur, et veut dire, en Langue Internationale, celui qui espère. Esperanto est le participe présent du verbe espérer, "esperi" en Espéranto. C’est la version de base proposée de la Langue qui va ensuite évoluer, se consolider, et devenir une vraie langue vivante, puisque parlée et pratiquée aujourd’hui dans plus de 100 pays sur les cinq continents.

Comme nous le savons, c’est sous le nom d’Espéranto que la Langue Internationale s’est développée par la suite. Zamenhof parlait au moins une douzaine de langues. Il maîtrisait fort bien le russe, (sa langue maternelle), le polonais, l’allemand, l’hébreu, le yiddish. Il avait une bonne connaissance du latin, du grec, de l’anglais, du français, assez bonne du volapük, de l’italien, et sans doute de l’araméen. Premier écrivain et poète de la communauté espérantophone, Zamenhof s’est d’abord essayé sur des traductions. En linguiste avisé et visionnaire - alors qu’il n’était pas linguiste de formation - il comprit très tôt que le succès et la réussite d’une langue internationale sont liés à la possibilité de parler cette langue et de l’utiliser dans la vie pratique.

Ce n’est pas un problème de linguistique qu’a cherché à résoudre le jeune lycéen polonais, mais un problème humanitaire ; laissons le s’exprime r : "Si je n’étais pas un juif du ghetto, l’idée d’unir l’humanité ou bien ne m’aurait pas effleuré l’esprit, ou bien ne m’aurait pas obsédé si obstinément pendant toute ma vie. Personne ne peut ressentir autant qu’un juif du ghetto le malheur de la division humaine. Personne ne peut ressentir la nécessité d’une langue humainement neutre et anationale aussi fort qu’un juif, qui est obligé de prier Dieu dans une langue morte depuis longtemps, qui reçoit son éducation et son instruction d’un peuple qui le rejette, et qui a des compagnons de souffrance sur toute la terre, avec lesquels il ne peut se comprendre ... Ma judaïcité a été la cause principale pour laquelle, dès la plus tendre enfance, je me suis voué à une idée et à un rêve essentiel, au rêve d’unir l’humanité ...". (Leteroj de Zamenhof, n° 92, page 105, lettre du 21 février 1905 à Alfred Michaux, Ed. SAT 1948).

Ailleurs, il affirme : ... Les hommes sont égaux : ce sont des créatures de la même espèce. Ils ont tous un coeur, un cerveau, des organes générateurs, un idéal et des besoins ; seules la langue et la nationalité les différencient ... L’idée à la réalisation de laquelle j’ai consacré toute ma vie se fit jour en moi dans les toutes premières années de mon enfance ... Je ne me souviens pas à quel moment, mais il y a longtemps que j’ai acquis la conviction qu’une langue internationale ne peut être qu’une langue neutre, et non celle d’une nation ...".

En humaniste éclairé, il donna à sa langue une âme, une vie, la souplesse suffisante pour qu’elle puisse évoluer avec les besoins de la société, comme doit le faire toute véritable langue vivante. C’est donc vers la formule du troisième groupe qu’il s’est orienté, en construisant sa langue de manière logique sur des racines et des structures existantes et utilisées par les langues vivantes des groupes indo-européens. Il prévoyait déjà l’échec du volapük alors que ce dernier connaissait un développement croissant et rapide au moment où il lançait sa première brochure en donnant la raison de l’échec certain du Volapük ; en effet, dans la Langue de Zamenhof, il est toujours possible d’identifier l’origine des lexèmes, d’en comprendre immédiatement le sens ; ils sont presque toujours passés d’une langue à l’autre sans changement. En prophète idéaliste et visionnaire, il a prévu, tel que nous le connaissons aujourd’hui, le développement de sa langue. Profondément humain, Zamenhof a pratiqué sa profession d’oculiste dans des milieux très pauvres, près de la Mer Noire (Kherson), puis en Lituanie (Grodno), avant de s’installer à Varsovie. Il est décédé à l’âge de 58 ans, le 14 avril 1917 à Varsovie.

L’évolution de sa langue, lente mais constante, sur les cinq continents et dans plus de 100 pays dans le monde aujourd’hui, est bien conforme à sa pensée et à ce qu’il écrivait en 1887 : "Que je vive ou que je meure, que je conserve ou que je perde mes forces physiques et intellectuelles, la Langue Internationale est désormais étrangère à tout cela, de même que le sort d’une langue vivante est étranger aux vicissitudes survenant dans la vie de telle ou telle personne". Il était alors âgé de 28 ans. Il comprit, dès le lancement de sa langue, que celle-ci devait être la propriété de l’humanité, mais jamais appartenir à un groupe, à une personne, à une association, à une nation. Il utilise pour la réalisation de sa langue son amour illimité pour l’Homme et l’Humanité, où il puisa toutes les forces de son esprit et de son corps.

© mercredi 12 décembre 2007, par Pays-baltes.com

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